Par Marie-Christine Dumas – REVUE INDUSTRIE & COMMERCE – FÉVRIER-MARS 2026
Au cégep de l’Outaouais, un chantier d’envergure progresse rondement et reflète une réponse concrète à un besoin pressant du réseau de la santé. Depuis novembre 2024, la construction d’un nouveau pavillon de formation, entièrement dédié à l’enseignement technique, avance dans le respect des échéanciers et du budget. À terme, ce projet de 24 000 pieds carrés permettra notamment d’accueillir les élèves d’un nouveau programme en radiodiagnostic, un domaine marqué par une pénurie importante de main-d’oeuvre spécialisée en Outaouais.
Pensé, planifié et réalisé en étroite collaboration avec les différentes instances gouvernementales et les partenaires du milieu, le projet illustre le rôle stratégique que joue le cégep de l’Outaouais dans le développement régional, tant sur le plan de la formation que sur le plan de l’innovation.
Répondre à une pénurie critique en imagerie médicale
La création du programme de technologie de radiodiagnostic découle d’un constat clair : le manque de technologues en imagerie médicale affecte directement la capacité des établissements de santé à poser des diagnostics rapides et efficaces. Dans la région, cette réalité complique le travail des médecins et exerce une pression supplémentaire sur le réseau.
À l’écoute des partenaires du milieu des affaires et des institutions de l’Outaouais, le cégep a amorcé un processus d’analyse, qui a mené à l’obten tion des autorisations nécessaires auprès du ministère de l’Enseignement supérieur, tant pour le programme que pour les infrastruc tures requises. Le programme a pu être lancé en janvier 2023, au campus Gabrielle-Roy, grâce à des locaux prêtés notamment par l’Hôpital de Hull. Cette collaboration témoigne de l’urgence d’agir et de la capacité d’adaptation des acteurs impliqués. « Les besoins sont criants, et le cégep de l’Outaouais a réagi rapidement afin de répondre à la demande. Cette implantation accélérée en six mois – un record dans la province – et le modèle d’enseignement hybride ont même valu au cégep le prix d’excel lence en éducation de l’Institution de l’administration publique du Québec. Le programme de technologie de radiodiagnostic a été créé avant même que nous ayons les emplacements nécessaires dans notre établissement. Dans l’attente du nouveau pavillon, nous avons développé un très beau partenariat avec le CISSSO », mentionne Maxime Courchesne, ex-directeur des ressources matérielles au cégep de l’Outaouais.
Des installations à la hauteur des standards hospitaliers
Construit grâce à l’expertise de l’entreprise Boless, le bâtiment a été conçu pour répondre à des exigences techniques particulièrement élevées. Les salles de radiologie et de radiographie y sont aménagées selon des standards comparables à ceux d’un hôpital, tant sur le plan des équipements que sur celui de la sécurité.
Quatre équipements de radiographie hautement spécialisés, utilisés en méde cine diagnostique, y seront installés. « Lorsque nous sommes responsables d’un projet de cette envergure et de cette spécificité, nos équipes doivent faire preuve d’une précision extrême lors de l’installation d’équipements technologiques de pointe », ajoute M. Jean-Marc Gerfaux, directeur de projet chez Boless. Les murs, les fenêtres et les portes intègrent des matériaux plombés, indispensables pour assurer la protection requise dans ce type d’environnement.
Implanté sur le terrain du cégep de l’Outaouais, le nouveau pavillon s’intègre harmonieusement au campus existant, dont l’architecture remonte aux années 1970. Le design intérieur, marqué notamment par une section aux accents orangés, reprend les codes visuels du site tout en ayant une identité extérieure contemporaine.
Le bâtiment est relié au pavillon principal par une passerelle permettant aux étudiants et au personnel de profiter des infrastructures déjà en place, comme les stationnements et la cafétéria. Strictement réservé à la formation,
il a été positionné de façon stratégique afin de soutenir la croissance anticipée du cégep au cours des prochaines années.
M. Courchesne précise : « La structure a été conçue pour supporter l’ajout éventuel de deux étages supplémentaires. Un plan de développement sur plusieurs années prévoit déjà la réorientation des conduits de service pour
permettre la construction future d’une aile parallèle, qui pourra atteindre plusieurs étages. »
Accueillir la croissance des effectifs étudiants
Outre le programme de radiodiagnostic, qui accueillera environ 70 étudiants à l’automne 2026, le projet prévoit également la relocalisation du programme de techniques informatiques, dont le contingent passera à plus de
200 étudiants. Ces ajustements surviennent dans le cadre de l’Opération main-d’oeuvre du Gouvernement du Québec, qui vise certains emplois critiques pour le développement économique de la province. Les nouveaux
locaux permettront non seulement de répondre à cette croissance, mais aussi de transformer les anciens espaces en classes multimédias destinées aux cours généraux, augmentant ainsi la capacité globale du cégep.
Cette vision à long terme s’inscrit dans un contexte où le cégep de l’Outaouais devrait connaître l’une des plus fortes augmentations de clientèle étudiante au Québec dans les prochaines années.
Un projet maîtrisé de bout en bout
Estimé initialement à 21 millions de dollars, le coût de la construction a ensuite été optimisé et représente maintenant des investissements de 15 millions de dollars. La construction du nouveau pavillon se distingue par une gestion
exemplaire signée Boless. L’échéancier progresse même plus rapidement que prévu, avec aucun dépassement budgétaire à ce jour. La livraison du bâtiment est prévue pour la mi-avril 2026. Les équipements entreront au cours
de l’été, et les locaux seront pleinement fonctionnels dès l’automne.
Résultat d’une planification minutieuse et d’une collaboration étroite de tous les intervenants, ce projet s’impose déjà comme une réussite, tant sur le plan technique que sur le plan stratégique. C’est un projet porteur, qui formera la relève et renforcera durablement la capacité de la région à répondre aux besoins du réseau de la santé.