Le Cégep de l’Outaouais obtient un financement majeur pour un projet novateur en santé environnementale et science citoyenne!

Le Cégep de l’Outaouais est fier d’annoncer l’obtention d’un financement stratégique de 500 000$ sur 3 ans pour le projet A.G.I.R.2 – Approche toxico‑Génomique Intégrée, Résistance et Résilience. Porté par le Centre de recherche en Santé Environnementale et Biodiversité de l’Outaouais (SEBO), ce projet d’envergure vise à transformer la microbiologie environnementale en un véritable outil de santé publique et d’agentivité citoyenne.

Un enjeu de santé publique au cœur du projet

Dans des contextes d’exposition chronique à la pollution métallique, un phénomène bien documenté, notamment à Rouyn‑Noranda, les milieux de vie intérieurs demeurent encore très peu étudiés, alors qu’ils constituent les principaux espaces d’exposition des populations. Les environnements bâtis demeurent peu caractérisés, notamment en raison de leur nombre et du coût prohibitif qu’impliquerait une analyse systématique reposant sur des approches conventionnelles.

A.G.I.R.2 propose donc une approche scientifique novatrice : utiliser le microbiome des environnements bâtis comme « biosentinelle » de la contamination métallique et de ses effets sur la santé publique.

Un projet interrégional, interordre et intersectoriel

Réalisé en partenariat avec le Cégep de l’Abitibi‑Témiscamingue, l’UQO, l’Université McGill, l’Université d’Ottawa, l’Université de Genève et plusieurs acteurs communautaires, ce projet sera déployé simultanément à Rouyn‑Noranda et Gatineau.

Il analysera les données de 100 foyers, d’écoles et de bâtiments communautaires grâce à trois matrices complémentaires : Poussières domestiques ; Biofilms d’évier ; Levain standardisé, un système biologique inédit utilisé comme sentinelle environnementale.

Ces matrices permettront de corréler la contamination métallique mesurée par ICP‑MS avec les signatures génétiques du microbiome, notamment les gènes de métallo‑résistance et d’antibiorésistance. Si certains gènes spécifiques de métallo‑résistance et d’antibiorésistance s’avèrent corrélés de façon fiable à la contamination métallique, ces gènes pourraient acquérir une double valeur : biomarqueurs de la qualité environnementale et indicateurs de santé publique.

Une démarche de science citoyenne unique au Québec

A.G.I.R.2 se distingue par son continuum pédagogique BioSTIM, qui mobilisera des élèves du primaire, du secondaire, des étudiants collégiaux et universitaires, ainsi que des citoyens de 9 à 99 ans. Les participants seront formés, outillés et accompagnés pour :

  • Comprendre les données environnementales réelles de leur milieu ;
  • Co‑développer des outils de vigie environnementale accessibles ;
  • Renforcer leur littératie scientifique et leur capacité d’action.

Cette approche s’appuie sur l’idée que la participation active à des démarches de science citoyenne développe la compétence d’action, c’est‑à‑dire la conviction qu’il est possible de comprendre, mesurer et contribuer à transformer son environnement.

Un impact durable pour les communautés

Les retombées attendues sont majeures :

  • Une meilleure compréhension des interactions entre pollution métallique et microbiome intérieur ;
  • Des outils de surveillance environnementale à faible coût, co‑créés avec les citoyens ;
  • Un renforcement mesurable de la littératie scientifique et de l’agentivité des jeunes ;
  • Un modèle reproductible pour d’autres communautés confrontées à des enjeux similaires.

Une équipe de recherche d’exception, un investissement structurant

Le projet est dirigé par Stéphanie Pontier, Ph. D., professeure au Département de chimie et responsable scientifique du SEBO, entourée d’une équipe interdisciplinaire regroupant des experts en métagénomique, chimie analytique, géomatique, antibiorésistance, pédagogie et innovation ouverte.

 « Grâce à ce financement, nous disposons des moyens nécessaires pour déployer une infrastructure scientifique et citoyenne ambitieuse, incluant l’analyse de plus de 300 échantillons par saison, l’utilisation combinée des technologies de séquençage Oxford Nanopore MinION et Illumina, ainsi que la mise en place d’un vaste continuum pédagogique interordre. D’ailleurs, ce projet ne cherche pas à produire des connaissances pour ces communautés. Il cherche à les produire avec elles. » tel que précisé par Stéphanie Pontier.

Steve Brabant, directeur général du Cégep de l’Outaouais, ajoute : « Ce soutien financier permettra également de former des enseignants, d’équiper des écoles, de soutenir la participation de centaines de jeunes et de citoyens, et d’assurer la coordination interrégionale entre Gatineau et Rouyn‑Noranda. Il s’agit d’un investissement structurant qui positionne le Cégep de l’Outaouais comme un leader québécois en santé environnementale, en innovation ouverte et en science citoyenne. »

À propos du Cégep de l’Outaouais

Le Cégep de l’Outaouais est un établissement d’enseignement supérieur engagé dans la formation, la recherche appliquée et l’innovation au service de sa communauté. Par l’entremise du SEBO, il contribue activement à l’avancement des connaissances en santé environnementale et au développement de solutions concrètes pour des milieux de vie plus sains.