
À l’occasion de la campagne électorale québécoise, le Cégep de l’Outaouais interpelle les partis politiques et les candidats de la région et les invite à appuyer clairement les demandes qu’il porte au nom de la jeunesse et de l’avenir de l’Outaouais.
Seul cégep francophone public de la région, le Cégep estime que les enjeux d’accessibilité aux études supérieures, de pénurie de main-d’œuvre et de développement de la qualité de vie de la région doivent faire partie des priorités de la présente campagne électorale.
Alors que l’Outaouais fait face à une pénurie importante dans plusieurs secteurs stratégiques, notamment en santé et en services sociaux, le Cégep rappelle qu’il joue un rôle essentiel dans la formation de la relève dont dépend l’avenir de la région. Pourtant, malgré des besoins croissants bien documentés et des demandes soutenues ces dernières années, les infrastructures actuelles et le financement ne permettent pas au Cégep de jouer pleinement son rôle et ainsi de répondre adéquatement aux besoins de la population.
Chaque année, des centaines de personnes répondant aux critères d’admission se voient refuser l’accès à certains programmes. Cette situation contribue à détériorer l’accessibilité aux études supérieures, à accentuer l’exode des jeunes et à freiner le développement économique, social et culturel de l’Outaouais.
Trois demandes pour répondre aux besoins de la région
Dans ce contexte, le Cégep de l’Outaouais demande aux partis politiques de prendre des engagements clairs à l’égard de trois priorités structurantes :
- Pas de Cégep, pas d’hôpital
Le financement des agrandissements requis pour accroître la capacité d’accueil du Cégep, à commencer par l’aménagement du 4e étage du campus Félix-Leclerc. Former les 1 835 infirmières et infirmiers dont Santé Québec Outaouais prévoit le besoin — pour les services actuels comme pour le futur Centre hospitalier de l’Outaouais — exige minimalement de tripler notre capacité de formation, ce qui est impossible sans nouveaux espaces.
- Pas de plateaux sportifs, pas de diplômés
L’aménagement de plateaux sportifs suffisants pour une population étudiante en forte croissance. L’éducation physique étant obligatoire dans tous les programmes collégiaux, la fermeture de notre piscine et d’un gymnase — dalle de béton désuète — compromet directement notre capacité à offrir les cours requis, au point de nous forcer à refuser des admissions pour respecter le devis
ministériel. Nous demandons le financement nécessaire pour convertir la piscine en plateau multisport (2,99 M$) et réparer nos gymnases.
- Une région. Un Cégep. Une reconnaissance nécessaire
On ne peut pas demander à notre cégep de desservir toute une région sans lui donner les moyens de le faire. La reconnaissance officielle du statut de cégep régional est vitale. Seul cégep public francophone de l’Outaouais, le Cégep dessert à lui seul un territoire de plus de 30 000 km², une responsabilité que les mécanismes de financement actuels ne reflètent pas. Ce statut permettrait de soutenir l’augmentation de notre capacité d’accueil, le développement de nouveaux sites d’enseignement et une desserte mieux adaptée aux réalités urbaines et rurales de la région.
Une occasion pour les partis de démontrer leur engagement
Le Cégep souligne que le débat des candidats de l’Outaouais sur l’enseignement supérieur se tiendra le 9 septembre. L’établissement invite les partis et les candidats à profiter de cette tribune pour faire connaître leurs engagements à l’égard des demandes présentées aujourd’hui.
Les choix qui seront faits au cours des prochaines années auront un impact direct sur la capacité de notre région à former sa relève, à retenir ses jeunes et à répondre aux besoins de sa population. Les partis ont maintenant l’occasion de démontrer concrètement leur engagement envers l’Outaouais.
Investir dans le Cégep, c’est investir dans l’Outaouais
Le Cégep rappelle qu’au-delà des enjeux de formation, sa mission est intimement liée au développement économique, social, culturel et linguistique de l’Outaouais. Une offre d’études accessible et adaptée aux besoins du territoire constitue un levier essentiel pour assurer la vitalité de la région et le rayonnement de sa francophonie.
« Nous demandons aux partis politiques de démontrer concrètement leur engagement envers l’Outaouais en appuyant les demandes du Cégep. Chaque place d’études qui manque, chaque projet qui tarde et chaque investissement reporté limitent notre capacité à former la relève dont la région a besoin. Investir dans le Cégep de l’Outaouais, ce n’est pas seulement financer un établissement d’enseignement; c’est investir dans la santé, l’économie, la vitalité des communautés et l’avenir de notre région. C’est simple : pas de Cégep, pas d’hôpital. Pas d’infrastructures sportives, pas de diplômés. Pas de moyens adaptés et de reconnaissance de notre statut particulier, pas d’accessibilité régionale à la hauteur des besoins et du potentiel de notre jeunesse et de nos communautés ».
Steve Brabant, directeur général du Cégep de l’Outaouais